UK : un assouplissement monétaire anticipé ?

Les dernières données d’inflation publiées au Royaume-Uni pour le mois de septembre réservent une surprise à la baisse, confirmant une désinflation plus marquée qu’attendu et ravivant les spéculations autour d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre dès la fin de l’année.

Une inflation globale en léger recul mais en deçà des prévisions

L’inflation annuelle ressort à 3,78 % en septembre, quasiment stable par rapport aux 3,79 % d’août, mais nettement inférieure aux attentes du consensus et aux projections de la Banque d’Angleterre, qui anticipait 3,99 %. Ce résultat s’explique par une baisse plus marquée des prix des biens et de l’alimentation, tandis que la hausse des prix des services ralentit légèrement.

L’inflation des services se maintient à 4,69 %, contre 4,72 % en août, soit un dixième de point sous les prévisions du marché et un écart plus prononcé vis-à-vis des estimations de la Banque d’Angleterre (5,04 %). L’inflation des services dits “sous-jacents”, excluant les prix régulés, les loyers et les postes volatils, recule quant à elle à 3,9 %, contre 4,2 % le mois précédent. Cette détente s’explique notamment par la baisse des prix dans les services culturels et aériens, des composantes traditionnellement volatiles, partiellement compensée par une hausse des prix de l’hébergement.

Reflux marqué sur les biens et l’alimentation

L’inflation des biens a également surpris à la baisse. Les prix des biens “core” reculent à 1,49 %, contre 1,61 % en août, tandis que l’inflation de l’alimentation, de l’alcool et du tabac tombe à 4,86 %, après 5,33 % le mois précédent. Dans le détail, les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ralentissent à 4,53 %, bien en dessous des projections initiales. Ce mouvement est attribué à une augmentation des promotions et des remises observées en septembre.

La hausse des prix de l’énergie reste contenue, à 4,34 %, conforme aux prévisions. Dans l’ensemble, ces évolutions ont entraîné un repli de l’inflation sous-jacente à 3,52 %, contre 3,59 % en août, sous le consensus de 3,7 %.

La fin du pic inflationniste semble se confirmer

L’élément le plus marquant reste la forte décélération de l’inflation alimentaire, désormais passée sous les 5 %. Les prix ont même légèrement reculé sur le mois, un phénomène rare après plusieurs trimestres de tension. Ce reflux intervient alors que les autorités monétaires redoutaient que les hausses du salaire minimum et des taxes introduites en avril n’alimentent durablement les anticipations d’inflation.

Parallèlement, l’inflation des services, notamment dans la restauration et les cafés – souvent considérée comme un indicateur avancé des pressions sous-jacentes – s’est également repliée. Ces évolutions laissent entrevoir une atténuation des tensions sur les prix dans les secteurs les plus sensibles à la demande domestique.

Vers une baisse de taux anticipée

À 3,8 %, l’inflation britannique semble avoir atteint son pic. Elle pourrait se stabiliser autour de 3,5 % dans les derniers mois de 2025, avant un nouveau repli au début de l’année suivante.

Combinée à un ralentissement de la croissance des salaires, cette évolution renforce la probabilité d’un assouplissement monétaire avant février. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 72 % d’une première baisse de taux dès décembre, contre 22 % deux semaines plus tôt.

Le budget d’automne comme facteur déterminant

La décision de la Banque d’Angleterre dépendra toutefois des orientations du budget d’automne, attendu fin novembre. L’institution voudra s’assurer que la trajectoire budgétaire prévue pour 2026 intègre un resserrement fiscal crédible, notamment via des hausses d’impôts, sans pour autant relancer les tensions inflationnistes.

Je conserve personnellement une position long EUR/GBP. La dynamique actuelle de désinflation, conjuguée à un affaiblissement des pressions salariales, place la Banque d’Angleterre face à un dilemme : maintenir la prudence ou amorcer plus tôt le cycle de baisse.

Dans un contexte de ralentissement de la demande et de stabilisation des prix, la seconde option gagne chaque jour en probabilité.


En savoir plus sur La minute macro

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur La minute macro

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture